La tête en bas du rêve

Nous sommes en Australie. Trois, quatre, et un enfant. On vadrouille, c’est un peu fatiguant. On change de lieu et de lit chaque jour.

Et puis on semble s’arrêter et trouver refuge au coeur d’une ville qui est étalée et ressemble à un village . On sait qu’il y a de l’eau, est-ce un lac ? Une grande étendue verte claire, large, bordée de sable mou, que je vois de loin.

L’enfant fait du vélo dans les rues, nous sommes comme sous un kiosque ou une cabane dans un arbre, un promontoire où l’on peut rester vivre et dormir. Un sentiment d’accueil et d’étranger. De distance et de simplicité. un peu spectateurs et se posant là, sans trop connaître, dans un endroit pas défini, pas repéré encore.

Des liens se créent. Nous nous retrouvons dans un grand espace comme une salle des fêtes ou un hall d’ hôtel chic où une cérémonie aura lieu, ou une réunion, quelque chose de public et agréable. Je suis fatiguée, la nuit tombe. Je vois les rues, les voitures garées, et au loin cette étendue d’eau si vaste que je demande si c’est la mer ou autre chose.

Un homme est là. Un français qui vit dans ce pays. Il est de forte constitution, un corps lourd et fort, un visage très sympathique, calme, avenant et drôle. Il a un air malin. Il a une chemise blanche, des cheveux blancs et un peu chauve. Je lui plais. Je ne sais pas jusqu’à quel point, mais nous sommes proches. Nous sommes complices même sans les mots. C’est dans l’air.

On se retrouve tous les deux. Il répond à mes questions sur ce qui est bien un lac mais qui semble inaccessible. Une zone inondable autour ? Nous partons tous les deux vers sa voiture. Nous marchons côte à côte et, tout naturellement, avec soulagement même, il met son bras derrière mon dos, m’entoure. Je mets mon bras derrière son dos, nos hanches se touchent et c’est une retrouvaille, une évidence En même temps je suis gênée, indécise. C’est la première fois qu’on se tient comme cela. Où allons nous avec nous deux ?

On arrive à la voiture. Je lui dis que je suis crevée. Je sais que je vais m’écrouler sur son canapé , je ne tiens plus debout. Comme un long long voyage derrière moi, sans repos, une marche éreintante et je peux enfin me poser en sécurité, laisser la tension me quitter.

Je suis dans la voiture et il se met sur la route, devant le moteur, et il pousse la voiture en arrière pour faire démarrer la batterie ! Ca me fait marrer, lui aussi. La voiture démarre très rapidement mais descend une pente en roue libre. J’essaie de m’assoir côté conducteur, d’attraper le volant, de toucher la pédale de frein, mais je me tortille, et c’est inaccessible, très difficile en tout cas.

pendant ce temps je me dis, qu’il n’était pas prévu que je soies avec lui, il devait partir seul, donc, il a l’habitude de cette manoeuvre et va sauter dans la voiture ? Grimper en marche ? Je ne vois rien, trop occupée à me glisser vers le volant pendant que la voiture prend de la vitesse. Je ne le vois pas. Comment va-t-il grimper dans la voiture ?

Je me réveille. Très heureuse. De ce quelque part, pour moi. D’une  chemise blanche et son odeur de chaleur et de sueur  ( il fait très chaud là bas). Une odeur où rien ne se sait, tout flotte contre moi. La hanche du rêve contre la hanche du rêveur dans une rue tiède du soir. D’un autre hémisphère.

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2 réflexions sur “La tête en bas du rêve

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