Des lettres de n’importe où

Une vie sans voix. Une vie de lettres. C’est bien mieux que d’être muette.

C’est sur le papier qu’elle a dit son premier amour sans savoir qu’elle le disait. Alors forcément, son amie lui a dit non. Elle a été déçue, très, mais elle ne savait rien de ce qu’elle faisait.

Quand le grand-père est mort on a retrouvé toutes les lettres qu’il avait écrites dans les tranchées de la guerre de 14-18. On a même retrouvé la photo du beau militaire devant une petite table en bois, les coudes écartés, petites lunettes rondes sur le nez, des papiers et de l’encre sur la table, le tout en plein ciel, dans l’étroit couloir de terre, deux mètres de haut de chaque côté, les murs touchent presque ses bras mais le grand-père sourit. C’est resté au présent. Ce lieu sous terre, le visage franc et jovial que cet homme, le père de son père, a toujours eu en toutes circonstances. Alors, c’était certain, on pouvait écrire n’importe où, et même du pire.  » Je vous écris d’une furie de boue et de mort et je vous souris ».

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