Chez soi

La douceur s’était arrêtée devant la porte. Un rai de lumière au dessus du paillasson. Invisible elle s’agenouille et glisse un regard dans le blanc qui transperce et pique un peu. Derrière la porte, malgré des encombrements et des apparences, des facades et des empilements,  tout est vide, pas de véritables meubles, pas de bon four dans la cuisine, pas de fauteuil et rien pour écouter de la musique. Pas de fenêtre qui s’ouvre  non plus, pas de chat, pas de plante ni de fleurs, pas de manteau ni de gros pull accrochés dans l’entrée. Il y a mais c’est factice et la douceur a le nez pour voir ça. Trop de choses dérangées, tout bouge et ne reçoit rien, tout est malmené. La maison est en apnée, tous les miroirs tournent la face.

Elle se relève un peu déçue, très même, la douceur a toujours besoin d’un lit. Non, pas de lit non plus là dedans, ni d’oreillers moelleux, juste des ressorts dans un matelas qui ne rêve pas. Elle marche à reculons, silencieuse, elle n’a rien à donner dans cet endroit, son propriétaire n’est pas prêt. Sur la pointe des pieds elle s’en va. Encore un humain qui ne sait pas s’habiter.

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