L’entre deux vols

Un aéroport, entre deux vols.

De qui de quoi ? S’occuper de ce qu’il y a derrière ? Des ponts, des barrières. Une main libre, l’autre sur un bagage. Pas d’enfant sage. Ho Chi Minh Ville. L’avion ne décolle pas. Grâce à un ami qui m’a fourni ce billet, je suis en pemière, VIP je suis. L’avion semble stocké là depuis des années.  Au hublot rien à voir. A côté de moi il y a un gars. Un homme que celui là.

Je n’avais rien vu mais lui il a les yeux ouverts. Ils sont trois américains d’origine, trois vieux potes, deux hommes et une femme. Des anciens du Viet-Nam revenus sur les lieux. Mais je ne sais rien de tout cela. Il me parle, déplie ses contours, me regarde comme il se doit. Des atours. Beau, grand, élégant, tu as une histoire, des voyages, des couleurs, des idées  et des manières. Maintenant moi aussi je commence à te voir comme il se doit.

Balance-moi, balance-toi, une main libre et le reste tu vois. L’avion ne décollera pas. Panne, escale forcée.  On alimente le temps, on se rencontre et l’air se charge de nous. Le temps nous  a pris de force. Bon tempérament, cadence délicate. Je souris et se plaire aussi. Décidément de plus en plus.

Il faudra descendre de l’avion. Deux mains libres, un présent à prendre tout de suite et je commence à mieux comprendre. Tu entoures mon espace, tu mobilises. Au bar, au restaurant de l’hôtel avec eux qui rient en coin et te connaissent si bien, ce couple d’amis  qui sourient de te voir ainsi, inépuisable papillon penché vers cette jeune hirondelle. Le bruit de ses ailes te met en émoi, toi qui as une autre vie loin de tout cela.

Une nuit d’attente. Un stand by à l’hôtel, for free. Mes cheveux je pars les couper au carré chez le coiffeur de l’hôtel. Un défi, pour voir. Te voir. Je reviens au bar. Sur le haut tabouret tu souris. Me fais place, m’offres une part de nos vies. On trinque. Au verre l’inattendu nous réjouit.  Tu caresses ma nuque à la lisière, dans le vide du cou, juste où, tout à l’heure, il y avait encore des cheveux. Ce vide tu le remplis si bien de ta main et ce geste qui se balance n’a aucune fin. Ce geste s’est inscrit pour toujours comme une calligraphie dans ma vie. Juste une nuit.

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