Se balader aura-t-il lieu ?

Une amie peintre a fait un tableau sur lequel j’ai eu envie d’écrire

tableau V.Lafont

 

son site :http://veroniquelafont-latelierauvert.blogspot.fr/

 

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Texte ci-dessous, écrit sur le vif, sans retouches. Par plaisir.

 

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Se balader aura-t-il lieu ? Je n’ai pas pensé à tout j’ai parcouru croyant bien faire.

 

Il y avait ces délassements parfois imprévus et la vue. De celle qui croit.

Je n’ai pourtant jamais cru à l’enfer ni à toutes ces foutaises. Mais est entré un Roi. Minuscule et végétal, il arroserait mes jardins.

Nous étions dans un cercle très ouvert, une débandade de principes. J’ai vu l’éclosion elle était rose. Je ne m’y attendais pas.

Bon sang pourtant j’en ai vu tant d’autres ! Mais pas moi.

C’est en retirant toute pensée que j’ai pu savoir. Le vert. Et le rouge dans le noir.

La terre s’est posée sur moi. J’ai eu peur mais ce n’était que me recouvrir de nouveaux désirs sous les argiles, les calcaires et les poussières lumineuses.

Je ne sens plus les poids. Je ne sais où sont mes bras.

Je suis transparente uniquement pour moi-même, toi je te vois.

En fibres et graines j’ai niché, là près des herbes. Elles, me reconnaissent.

Plusieurs enfants se superposent et coupent le Temps en tranches, se fichant de tout. Ils gambadent n’attrapant rien.

Ce ne sont pas des gouttes qui perlent, ce n’est pas le ciel, même après la tempête de neige. C’est elle, cette princesse nouvelle. Un glissement vers l’étendue à pas menus.

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Accroche moi

Les mâchoires serrées elle longe le mur qui la ceint.

Un long graffiti de son envie de vivre, taillé d’un seul coup de craie bleue indique où tourner la page

Mais elle ne tourne plus elle a assez tourné.

 

Tremblements sur le mur c’est le soleil

A cette heure si tôt en hiver que déjà plonge le soleil ses reflets sur le mur orange trames d’ombres viennent charmer.

Qu’on n’oubliera pas le printemps qu’on l’emmènera dans nos gants, sous nos bonnets, on écartera les volets pour voir les jours se rallonger.

Trames d’ombres légères sur le mur orangé les dessins au mur sont emportés.

Les vitres sont sales derrière la montagne est la même embrouillée.

Des feuilles séchées sur le robinier qui a tout perdu d’un coup c’est une fin d’automne sans couleurs ou si peu allons ne prenons pas d’habitude.

La nature n’en fait qu’à sa façon un jour on a froid un jour non.

L’entre deux vols

Un aéroport, entre deux vols.

De qui de quoi ? S’occuper de ce qu’il y a derrière ? Des ponts, des barrières. Une main libre, l’autre sur un bagage. Pas d’enfant sage. Ho Chi Minh Ville. L’avion ne décolle pas. Grâce à un ami qui m’a fourni ce billet, je suis en pemière, VIP je suis. L’avion semble stocké là depuis des années.  Au hublot rien à voir. A côté de moi il y a un gars. Un homme que celui là.

Je n’avais rien vu mais lui il a les yeux ouverts. Ils sont trois américains d’origine, trois vieux potes, deux hommes et une femme. Des anciens du Viet-Nam revenus sur les lieux. Mais je ne sais rien de tout cela. Il me parle, déplie ses contours, me regarde comme il se doit. Des atours. Beau, grand, élégant, tu as une histoire, des voyages, des couleurs, des idées  et des manières. Maintenant moi aussi je commence à te voir comme il se doit.

Balance-moi, balance-toi, une main libre et le reste tu vois. L’avion ne décollera pas. Panne, escale forcée.  On alimente le temps, on se rencontre et l’air se charge de nous. Le temps nous  a pris de force. Bon tempérament, cadence délicate. Je souris et se plaire aussi. Décidément de plus en plus.

Il faudra descendre de l’avion. Deux mains libres, un présent à prendre tout de suite et je commence à mieux comprendre. Tu entoures mon espace, tu mobilises. Au bar, au restaurant de l’hôtel avec eux qui rient en coin et te connaissent si bien, ce couple d’amis  qui sourient de te voir ainsi, inépuisable papillon penché vers cette jeune hirondelle. Le bruit de ses ailes te met en émoi, toi qui as une autre vie loin de tout cela.

Une nuit d’attente. Un stand by à l’hôtel, for free. Mes cheveux je pars les couper au carré chez le coiffeur de l’hôtel. Un défi, pour voir. Te voir. Je reviens au bar. Sur le haut tabouret tu souris. Me fais place, m’offres une part de nos vies. On trinque. Au verre l’inattendu nous réjouit.  Tu caresses ma nuque à la lisière, dans le vide du cou, juste où, tout à l’heure, il y avait encore des cheveux. Ce vide tu le remplis si bien de ta main et ce geste qui se balance n’a aucune fin. Ce geste s’est inscrit pour toujours comme une calligraphie dans ma vie. Juste une nuit.

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dé tramée

Ce que je voudrais dire je ne le dis pas. Tout se découpe en tranches inégales et qui tombent mal. Rien n’est plat dans ce déballage qui fait sa vie chez moi. Merde on ne s’y attend pas. Ce que font les choses. La où la vie appuie. Aucun maquillage ne me croit. Je dois juste rester droite. Comme ça, tu vois ?

Em barquée

On pourrait dire l’essentiel ou on ne pourrait pas. Cela m’est bien égal cette fois.

Comme sept péchés capiteux plongés dans la nasse d’une seule moisson. Je ne retrouverai pas mes petits poisons.

Octobre

Octobre ne perd pas ses feuilles, il me retient.

Il entre doré flagrance dans le vert, il me garde au chaud sans équivoque.

Octobre ne perd rien pour m’attendre. Je le viens.

L’espoir avance, avec des ailes bleues et vertes, indociles et brillantes comme des étoiles sur le reflet de l’eau la nuit, une nuit pleine de lunes.

L’espoir, ne pas le retenir, le laisser libre d’aller et venir, il finira par, jour après jour, prendre son ticket pour toi, aller-retour. S’en revenir de tout, pourquoi laisser à la traîne ?

 

Penser simple le passé

 

Long longtemps simplement je pensais récemment à nos étreintes. J’y pense dans la cuisine en préparant une tarte aux abricots. Je peux y penser n’importe où. C’est un enfant dans un tissu porté sur mon dos. Il sourit aux passants. Il est revenu partie de moi sans souffrir. L’enfant qui est mort tué entre nous deux qui ne faisions plus qu’un de cet amour. Là, elle dirait Duras. Celui. Les meurtres entre eux deux, les sacrifices. Les trous où ne plus rien retrouver ne plus rien revoir.

Je marche maintenant en portant cet amour sans qu’il soit lourd sans qu’il soit défaillant sans qu’il soit retenu mal et blessé. Son sourire est celui des années. Comme nous avons bataillé, comme j’ai voulu, combien ai-je heurté. Tambours en tête. La femme que rien n’arrête. Des hommes et des femmes sont faits pour se rencontrer et aller chemin creuser dans leurs formes, puiser à la source sans même le savoir, sans rien pouvoir faire d’autre. Des hommes et des femmes sont faits pour se rencontrer. Quitter est sur la route. Quitter est le malheur qui s’installe dans la maison. La maison qu’on secoue, qu’on inonde. Les murs ne ressemblent à plus rien. On en a plus besoin ?

J’y pense maintenant, ce n’est plus repenser c’est penser nouveau, simplement.